
Le Mystère de la Passion de l'Ere du Verseau
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La
nature de la prière Même ceux qui répudient avec véhémence le besoin de prier se tournent
immanquablement, intentionnellement ou non, lorsqu’ils sont confrontés
à une lourde défaite, au désespoir et à une grande perte, vers le
Grand Inconnu pour y trouver aide et consolation. Le fait que si souvent la prière a été et est encore fréquemment mal
utilisée ne justifie pas de dénoncer sa validité. Ceux qui considèrent
son utilisation comme un signe de faiblesse humaine se leurrent parce
que non seulement les saints mais aussi les plus grands sages, génies
et héros de tous les temps ont reconnu sa valeur. Dans la mesure où la prière est un moyen direct de permettre à des êtres
finis d’entrer en résonance avec l’Etre Infini, dans Lequel est
leur seule réelle Force, Vie et Santé, on ne peut jamais complètement
s’en passer. Ceux qui ne peuvent pas croire en l’efficacité de la
prière se privent, qu’ils en aient l’intention ou pas, de recevoir
ce qui est normalement donné à tous les êtres humains. La prière est l’élan délibéré de toute la nature de se tourner
vers sa Source Céleste. C’est l’application de l’esprit, du cœur
et de la volonté aux Forces d’en Haut, et en définitive à l’UN
Parfait et Unique Lui-même. Prier ne signifie pas simplement s’agenouiller à certaines heures et réciter
des paroles prescrites, qui après répétition constante peuvent
devenir des formalités vides de sens ; ce n’est pas non plus
simplement une requête ou sollicitation détaillée. C’est plutôt la
volonté spontanée de l’Ame de se tourner vers sa Source Divine,
l’expression articulée d’une aspiration ineffable et un désir
intense, jaillissant du plus profond de la nature humaine. La prière est l’humble et aimante soumission de l’homme à son Créateur. Elle comprend réceptivité intérieure, supplication et sentiment de remords ; aspiration, intercession et communion ; gratitude, adoration et offrande.
Le
mauvais usage de la prière Puisqu’elles sont parfaitement naturelles et qu’elles fonctionnent,
que l’homme fasse consciemment attention à elles ou pas, elles ne
sont pas, en soi, les vrais objets de la prière ; au contraire,
quand elles sont mal dirigées, elles sont les causes du mauvais usage
de la prière. Les prières qui jaillissent de ou sont caractérisées par une
affirmation de soi excessive, ne sont pas des prières dans le vrai sens
spirituel du terme, ce sont plutôt des instructions ou commandements, même
si cette assertion de soi est bien voilée ou cachée par les paroles
utilisées pour la prière. Toutes les « affirmations »
faites sous forme d’une prière au nom d’intérêts personnels sont
outrancières et révèlent un désir égoïste pour obtenir quelque
chose sans rien donner en échange. Il y a de nombreuses pratiques basées sur ce principe de
l’affirmation, par lesquelles l’homme s’arroge les prérogatives
de la Divinité et présume qu’en simplement affirmant une chose, il
est ainsi en droit de la posséder. Le fait évident que ces pratiques
produisent des effets est exploité, et de nombreux moyens et procédés
sont utilisés pour la satisfaction de désirs et intérêts personnels,
et pour l’acquisition de pouvoir, de richesse et autres bienfaits et
avantages purement terrestres. Mais il va de soi que la loi de la Justice ne peut être de cette manière
violée à la légère impunément. Celui, qui par ignorance, pour des
motifs impurs ou d’autres raisons, fait un mauvais usage de la prière
pour ces buts doit inévitablement découvrir que tout ce qu’il a gagné
ainsi n’est pas un gain réel et durable, et qu’en le recevant, il a
en même temps, ou en conséquence, abandonné ou renoncé à quelque
chose de valeur plus élevée et plus intrinsèque. L’instinct de conservation est en soi un instinct naturel qui est
parfaitement en ordre, mais il est l’opposé de l’impulsion
spirituelle du don de soi ; ainsi dans la mesure où la vie de
l’homme est gouvernée seulement par les instincts naturels, il vit
une existence naturelle et physique plutôt qu’une vie spirituelle et
mystique, accordant plus d’attention à sa préservation corporelle et
son salut personnel qu’au bien-être d’autrui et aux conséquences
et effets de ses propres actions sur eux. Quand la prière est entièrement déterminée par l’instinct de
conservation, elle cesse d’être une vraie prière et a tendance à
devenir une forme de mendicité, de négociation, d’imprécation, de
remontrance ou même de corruption. Si la prière est utilisée comme un
moyen d’obtenir une fin privée, sans tenir compte de son influence
sur autrui, elle est avilissante, immorale, et même malhonnête. De même,
la prière est aussi abondamment mal utilisée quand on s’en sert pour
s’assurer des faveurs pour soi-même ou pour souhaiter le malheur à
ses ennemis. La vraie prière ne requiert pas non plus un abandon de soi
empreint de mollesse à la soi-disant direction personnelle d’un guide
invisible, elle ne nécessite pas non plus une lutte impétueuse avec
les Forces d’en Haut pour les impressionner sur l’urgence de nos
besoins individuels et particuliers. D’autre part, quand la prière est imprégnée principalement par
l’instinct ou l’impulsion de l’expression de soi, sciemment ou
non, il s’y glisse une qualité subtile qui implique que l’on a déjà,
provisoirement, décidé ce qui est nécessaire ou comment une chose
doit se faire, ou ce qui est mieux, ou ce que l’on aimerait faire ;
la prière n’est alors qu’un subterfuge pour obtenir un consentement
et échapper à la responsabilité. De même, la prière est mal utilisée
quand elle est employée pour satisfaire un désir exagéré de se mêler
des affaires privées d’autres personnes, ou pour imposer
excessivement sa volonté sur elles, pour quelque but que ce soit.
Les
objets de la prière 1)
déterminer le vrai but de son existence. 2)
s’ouvrir pour recevoir une aide céleste pour enlever les
obstacles à la réalisation de son but. 3)
s’ouvrir à la réception de tous les moyens supplémentaires nécessaires
pour entreprendre systématiquement la réalisation de son but. 4)
s’ouvrir pour recevoir lumière intérieure et conseils pour la
correcte utilisation de tous les moyens pour le grand but en vue. 5)
s’ouvrir à la Force, Vie et Santé Célestes grâce à
laquelle son travail, de même que son être, puisse être rendu parfait
et réellement efficace. 6)
offrir la somme totale de son travail au Grand UN pour Son
acceptation et Sa consommation. Et 7)
s’offrir, et offrir tout ce que l’on est, a ou espère être,
au Seigneur Suprême de tous en un abandon entier, joyeux et aimant. Dans l’accomplissement de ces objets, la prière va spontanément et
naturellement prendre des formes définies, telles que : 1)
l’imploration, requête ou question, l’ouverture de soi non
seulement pour recevoir une réponse à telle ou telle prière, mais
l’effort de donner une expression articulée à sa relation avec la
Loi Juste et le But Eternel. 2)
la supplique, la prononciation de la réalisation de notre dépendance
complète à Ce Qui est plus grand que soi. 3)
le regret qui vient de la peine et pénitence, et la conscience
de ses imperfections ; des prières votives, des résolutions et vœux
pour surmonter le mal et parvenir au Bien. 4)
l’aspiration, exprimée ou non ; l’intense désir pour
la Vie Eternelle, la Grâce et la Liberté. 5)
l’intercession pour la bénédiction de tous, le service à
autrui, accompagné et rendu parfait par la prière. 6)
la communion, basée sur le désir aimant de communier avec
l’objet de son amour mystique. 7)
les louanges et la gratitude pour toutes les bénédictions et
les dons reçus. 8)
l’adoration et la vénération, inspirées par la méditation
sur la Majesté et la Dignité du Suprême ; le besoin de
s’incliner en adoration devant l’UN Parfait. 9)
l’offrande, l’acte spontané et joyeux de se vider de soi,
pour être rempli d’en Haut par la Plénitude de l’Infini, en
comparaison de quoi tout le reste n’est rien. Les méthodes
de la prière Il y a au moins quatre méthodes distinctes de prière, à savoir, la prière
vocale, la prière mentale, la prière du cœur et celle de la volonté,
toutes, quoique différentes, pouvant être présentes dans le même
acte de prière. La prière vocale, à elle seule, est l’expression la plus extérieure,
de toutes les autres méthodes ; c’est le simple mouvement des lèvres
dans la prononciation de la prière en paroles, dont les sons peuvent ou
pas être audibles et accompagnés par un effort mental, une aspiration
ou une volition. C’est une pratique très bénéfique que de se faire
une habitude de réciter une courte prière régulièrement à des
moments déterminés, quand les mots d’ordre peuvent aussi être répétés,
comme par exemple le matin quand on se lève ou le soir avant de se
coucher, et aussi à n’importe quel moment quand le besoin se fait
sentir. Mais il faudrait toujours faire attention pour éviter de
transformer la prière vocale en de simples paroles répétitives et
vides de sens. La prière mentale, ou prière de pensée, est plus intérieure que la
prière vocale, elle est aussi plus rapide et profonde. Elle peut
commencer, ou même être accompagnée, par des mots, mais graduellement
on laisse tomber les mots qui sont encombrants et lents, et la prière
continue sous forme d’une pure pensée. L’intercession offre un bon
exercice de prière mentale, telle que la pratique quotidienne de se
souvenir de tous ses amis et connaissances, - particulièrement ceux qui
ont besoin d’aide. Il n’est pas nécessaire de formuler une pensée
particulière à leur égard, mais de simplement laisser notre esprit
penser un seul instant à leurs Ames – pas leurs corps- et de passer
rapidement au prochain individu que l’on veut évoquer. De cette manière,
il est possible en quelques instants de prière d’établir un lien intérieur
avec tous nos semblables. La prière de cœur est très différente de la prière de pensée.
C’est une aspiration sans voix, un épanchement et une élévation de
toutes les émotions vers l’idéal ou l’objet de la prière. Elle
est plus ou moins momentanée, car on peut rarement la maintenir, et en
fait ce n’est pas nécessaire. La prière de volonté, dans sa forme la plus élevée et la plus pure,
est même encore plus rapide que la prière de cœur. C’est une
volition instantanée qui voit en un éclair pour ainsi dire l’objet
de la prière comme un fait accompli, et le laisse sans aucune réflexion
supplémentaire, dans l’esprit des paroles : « Que Ta
Volonté soit faite, et non la mienne ». Ceci est un principe, qui devrait caractériser toutes les formes et méthodes
de prière : on devrait s’abstenir, autant que possible, de
considérer la manière dont la prière sera exaucée, s’abstenant de
toutes les tendances de l’esprit à imaginer ou créer des soi-disant
images mentales liées à la prière. En faisant cela, on manifeste une
conception totalement fausse de la véritable fonction et nature de la
prière. Il est naturel de désirer savoir si, comment et quand nos prières
seront exaucées, par conséquent celui qui prie devrait toujours se
rappeler : 1) que chaque vraie
prière est reçue dès qu’elle a été exprimée par les Multitudes
d’Aides Angéliques, Célestes et Divines de l’UN Infini ; 2)
que l’intelligence humaine finie ne peut absolument pas savoir quelle
est la meilleure manière, le meilleur temps, lieu et circonstances dans
lesquelles la prière peut être exaucée ; 3) que les gardiens de
l’Energie Providentielle Divine, par laquelle toutes les prières sont
exaucées au bon moment, au bon endroit et de la bonne manière, possèdent
parfaitement cette connaissance ; et 4) que par conséquent,
l’attitude juste que doit cultiver celui qui prie par rapport à
toutes les prières, se caractérise par la foi, l’abnégation, le
non-attachement, et cependant une parfaite confiance que chaque vraie
prière doit infailliblement provoquer un effet qui est bienfaisant et
salutaire, dans la mesure où l’esprit fini apprend à s’abstenir
d’entraver la prière une fois qu’elle a été prononcée, et de
demeurer serein et content dans la réalisation que toute guidance et
aide nécessaire seront données librement quand le receveur sera prêt,
capable et disposé d’utiliser tout ce qui est accordé au mieux pour
la promotion du But divin.
Il y a au moins quatre degrés distincts de prière, qui dans l’Art
Mystique sont généralement précédés par une préparation adéquate,
à savoir, la prière de simplicité, la prière de silence, la prière
de recueillement, et la prière d’union. 1)
préparation : ceci consiste en lecture d’œuvres sacrées
ou méditation préliminaire ; la préparation de l’esprit, du cœur
et de la volonté pour les dévotions ; l’effort de chasser
toutes les distractions, attitudes et états de conscience indésirables ;
c’est la brève pause, si l’on peut dire, avant d’entrer dans le
temple intérieur. 2)
La prière de simplicité est le stade vocal ou mental, prescrit
ou spontané, audible ou non, qui conduit de l’extérieur vers l’intérieur,
de l’inférieur au supérieur, du personnel à l’impersonnel ou
supra-personnel. La vaste majorité des prières ne dépassent pas ce
stade. 3)
La prière de recueillement, qui est plus rare que la prière de
simplicité, la suit quelquefois sans que le mystique ne soit conscient
d’un changement. C’est comme le subtil parfum de la prière et de
l’aspiration qui est insufflé, une fois que tous les désirs et pensées
de nature personnelle sont calmés, et que l’Ame repose en son centre
intérieur occupée en un dialogue mystique ou une conversation intérieure. 4)
La prière de silence ne peut être obtenue à volonté, mais
lorsque la conscience est devenue équilibrée, pour ainsi dire, une
tranquillité ineffable suit quelquefois la prière de recueillement, et
le mystique sans effort personnel, entre silencieusement dans la prière
de silence. Elle est fervente et intérieure, et quoique l’esprit est
actif, il se rend à peine compte qu’il est actif, mais repose
sereinement dans un état de paix intérieure et de doux abandon. 5)
La prière d’union est au-delà de toutes pensées et activités
finies de conscience ; elle cesse d’être Prière en tant que
telle et devient Contemplation dont il y a beaucoup de degrés jusqu’à
parvenir à l’extase la plus élevée et au ravissement. L’art
mystique de la prière Ceux qui n’ont pas appris le véritable art et pouvoir sacré de la prière
n’ont pas ouvert le trésor intérieur dont elle est la clé. Une inspiration céleste et une participation mystique sont les trésors
ou fruits inépuisables de l’art sacré de la prière. L’art sacré est un talent qui est dirigé vers des buts hiératiques
et idéaux, de même que toutes les œuvres qui tendent à élever la
conscience humaine et à diriger les facultés de l’homme à des fins
saintes. Puisque l’Ame humaine ne se connaît que lorsqu’elle est élevée à
des natures supérieures à elle, il s’en suit que pour la perfection
de son art l’Ame dépend de l’inspiration qu’elle reçoit d’en
Haut. Mais afin d’être inspirée l’Ame doit adopter une attitude réceptive,
de sorte qu’elle facilite l’influx d’énergies célestes. La prière est un moyen d’établir cette relation réceptive entre
l’Ame et les Natures qui sont au-dessus d’elles. Par conséquent la Prière est un élément indispensable dans tout art
sacré et mystique, et elle est par elle-même l’art le plus important
de même que le plus sacré de tous de l’Ame humaine. Les
effets de la prière Puisque le besoin initial de la prière est le résultat de la réalisation
de nos imperfections, les premiers effets ou « réponses »
de la prière sont de nature purgative. Ceci provoque fréquemment le découragement
et peut même être une cause d’alarme, quand l’Aspirant découvre
qu’apparemment le seul résultat de ses prières est une plus grande
incapacité de suivre le Chemin, car tous ses défauts intrinsèques et
faiblesses humaines sont attisés. Mais il devrait se réjouir plutôt que de se lamenter, parce que la présence
de ces difficultés est, en elle-même, une preuve que sa prière a été
« entendue » et que l’UN Infini a répondu, pour ainsi
dire, à ses aspirations. Chaque difficulté surmontée est transformée, par la prière et la dévotion,
en un pouvoir de l’Ame. L’effet de nature illuminatrice de la prière est l’ouverture
progressive de la conscience à la Lumière de la Vérité. Il ne vient
pas uniquement par la prière, mais doit être allié à l’étude et
l’entraînement de l’esprit. La prière sans les œuvres est sans
grand résultat. Mais la prière associée avec tous les efforts pour
acquérir la connaissance et la sagesse conduit à l’illumination et
la réalisation spirituelle et le pouvoir de découvrir la réponse à
chaque question et la solution de chaque problème. L’effet unitaire de la prière est la réalisation consciente
croissante de la Présence de l’UN Immanent, non seulement dans
l’Ame, mais dans le Cosmos et dans les profondeurs de chacun de nos
semblables. |
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d'Aperçus
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Dernière mise à jour lundi 13 novembre 2006